enfants prient
Mission Thérésienne dans la Presse :

Famille Chrétienne - 19 novembre 2005
Titre de l'article : Misssion Thérésienne, Action de grâce
Ecrit par Philippe OSWALD

Simple fête de famille ou événement aux répercussions mondiales puisque le battement d'ailes d'un papillon influe, dit on, sur le cours du monde? Quand c'est l'Église qui rassemble, l'intimité et l’universalité entrent.
C'est bien ce qui s'est produit, le 11 novembre, au centre du Bon Conseil, à Paris. Un millier de personnes, dont près de la moitié d'enfants, ont fêté dans la joie et le recueillement le 20ème anniversaire de Mission Thérésienne. La ferveur de cette journée, pour laquelle certaines familles n'avaient pas hésité à traverser la France, révèle la puissance spirituelle d'une association qui parraine 10 % du clergé français et près d'un prêtre sur trois de moins de 45 ans. Et dont le rayonnement s'étend déjà dans une vingtaine de pays, de la Pologne au Japon, du Liban aux Philippines, de la Croatie au Mexique. Le secret de cette humble puissance, c'est la prière, en particulier celle des enfants.
Voici donc vingt ans que l’abbé Bruno Thévenin soutenu par un laïc père de famille et aujourd'hui modérateur de l'association Thierry Schmitz a vu l'idée de promouvoir à l'échelle nationale un mouvement de prière pour 1e sacerdoce. Le Père Thévenin lui-même, jeune séminariste du diocèse de Bayeux Lisieux, avait été pris en charge à son insu par une retraitée sans enfant qui avait fait part à l'évêque d’un désir de prier chaque jour, le chapelet pour un jeune appelé au sacerdoce. Quelle ne fut pas la surprise du parrainé de découvrir quelques années plus tard que la pieuse paroissienne qu'il venait de choisir pour l'aider à faire face aux lourdes charges de sa paroisse de Lisieux priait pour lui depuis son entrée au séminaire. Encore un tour de la petite Thérèse, véritable inspiratrice de cette prière pour les prêtres qu'elle avait si assidûment pratiquée.
Après la messe solennelle présidée par Dom Piron Père abbé de Kergonan, lui-même et sept autres prêtres ainsi qu'une famille ont témoigné de leur propre expérience de « filleuls » et de « parrains ». La réciprocité des bienfaits est patente, les fruits innombrables. D'ailleurs, pour s’en convaincre, il suffit d'essayer !

France Catholique - 8 Janvier 1999
Titre de l'article : Le levain dans la pâte
Propos du Père Thévenin, recueillis par C. BERTRAND

Le père Bruno Thévenin, toujours entre deux trains, entre deux voyages en province ou à l'étranger pour développer l’oeuvre qu'il anime, nous confie ses raisons, d’agir et les joies que lui donnent les enfants.

Comment avez-vous été attiré par sainte Thérèse de Lisieux ?

J'ai vécu mon enfance à Fontenay-sous-Bois, dans la banlieue parisienne. Et déjà, ma paroisse se nommait Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. Comme le curé n'avait pas de presbytère et que nous avions une grande maison, il est venu habiter chez nous pendant trois ans ! Une phrase de la Bible affirme : "Celui qui accueille un prophète en qualité de prophète reçoit une grâce de prophète." J'ai découvert cette phrase alors que j'étais en première année de séminaire. Nous étions trois frères. Deux sont devenus prêtres. Notre vocation est sans doute née, pour une part, de cette générosité de mes parents. A semer largement, on récolte largement. Entre-temps, ma famille avait déménagé dans le Calvados. J'ai été ordonné à Lisieux en 1973, pour le centenaire de la naissance de sainte Thérèse...

Et comment est née la Mission Thérésienne?

Lorsque je suis entré au séminaire, en 1966, une dame de Lisieux avait demandé à l'évêque de lui communiquer le nom d'un prêtre, afin de prier à son intention. Elle promettait de dire tous les jours son chapelet pour lui, jusqu'à sa mort. L'évêque lui a seulement donné le prénom d'un séminariste : Bruno. Si bien que cette dame a prié pour moi, sans que je le sache et sans qu'elle connaisse mon identité, pendant plusieurs années. Or, c'est justement dans sa paroisse que je suis devenu vicaire ! C'est seulement quelque temps plus tard qu'elle a réalisé que ce père Bruno Thévenin était le "sien". Elle a donc prié pour moi pendant trente et un ans, puisque je l'ai enterrée il y a tout juste un an, le 12 novembre 1997.
Cette intervention providentielle m'a donné l'idée, puisque j'exerçais alors un ministère d'aumônier de collège, qu'il fallait donner aux enfants une grande cause de prière et de sanctification. J'ai pensé qu'ils avaient leur place dans l'Eglise, qu'il fallait susciter leur générosité. Avec plusieurs autres prêtres, nous avons donc lancé un mouvement de prières des enfants pour la cause des séminaristes : la Mission Thérésienne. Nous nous sommes placés à la suite de Thérèse, dans son esprit, au coeur même de l'Eglise. Notre association est un mouvement de vie spirituelle, très modeste. Nous ne faisons pas de bruit ! Comme Thérèse s'est enfouie dans le Carmel de Lisieux et qu'elle y a porté les intentions du monde, tout particulièrement des prêtres, nos enfants sont petits, faibles par leur jeune âge, mais ils sont comme le levain caché dans la pâte...

Les enfants possèdent-ils vraiment quelque chose de plus que les adultes?

Les enfants sont très généreux, et très intelligents. lls sont naturellement surnaturels. Je ne dis pas cela pour tous les enfants : pour certains, la foi fait difficulté. En revanche, beaucoup ne comprennent pas pourquoi les adultes ont tant de mal à croire. L'enfant est proche de Dieu, comme Jésus l'a dit. D'ailleurs, Thérèse a voulu se nommer "Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus". Non pas que les enfants soient des minus, mais ils ont une conscience de leur fragilité, qui s'apparente à la conscience que tout chrétien devrait avoir de sa petitesse à l'égard de Dieu. Lui seul peut nous sauver de la mort, dénouer les situations inextricables dans lesquelles parfois l'homme se sent impuissant. Les enfants comprennent mieux la Vérité. Ils savent. L'autre jour, l'un d'entre eux m'a dit : "Moi je me confesse à un prêtre qui a les yeux qui brillent." Pourtant il n'a jamais lu ce mot de Jésus : "La lampe de ton coeur, c'est ton oeil", (évangile de Luc 11,34).

Que leur apporte la Mission Thérésienne?

Il est très important que les enfants qui ont la foi se regroupent pour prier ensemble. Parce qu'ils se trouvent dans des écoles où la majorité de leurs camarades ne pratiquent plus, et cela les trouble. Ils sont confortés de se retrouver avec d'autres enfants qui partagent leur confiance en Jésus. C'est très important. Les parents ne s'en rendent pas toujours compte. Parfois, ils privilégient le divertissement. Ils misent plus sur Ie naturel que sur le surnaturel. Mais l'enfant, lui, sait qu'il faut qu'il aille au Ciel. Il sait qu'il doit être un ami de Jésus. ll est beaucoup plus conscient qu'on ne le pense. Les parents sont encombrés par des soucis matériels. L'enfant est insouciant. Tout lui est donné. Alors il faut l'aider - je ne dis pas le préserver -, l'aider à miser sur l’essentiel.

Votre Mission a-t-elle suscité beaucoup de vocations?

J'ai bien du mal à répondre à cette question. Je ne veux pas compter. C’est d'abord Dieu qui appelle ! Nous ne faisons qu'aider la vocation. Nous ne faisons qu'être pour l'enfant et pour les familles un guide, un modèle, un soutien. Le premier lieu de l'éveil d'une vocation, c’est Ia famille. En outre, nos enfants appartiennent souvent à d'autres mouvements dans l'Eglise. Certains sont scouts, par exemple Leurs vocations éventuelles sont donc soutenues par plusieurs structures en même temps. Cependant, on peut penser que 5% des enfants de la Mission Thérésienne sont devenus prêtres ou religieuses. Mais certains entrent dans notre mouvement avec déjà cette idée en tête. Il est normal qu’un enfant qui veut devenir prêtre, songe à prier pour les prêtres. Pour ma part, je ne demande jamais à un enfant s'il a la vocation religieuse, jamais. Ce serait une pression inadmissible, un acte d'autorité, dans un domaine qui relève de la liberté de chacun. Mon idéal est de garder une exquise discrétion ! Mais je n'ai pas de mal à me mettre dans le coeur d'un enfant qui pense à la vocation, car moi aussi je suis passé par là. Cela dit, nous avons bénéficié d'interventions providentielles qui nous font penser que Thérèse a voulu cette oeuvre, qu'elle l'aime, et qu'elle l'anime du haut du Ciel.
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